Guérir ses blessures pour retrouver la douceur de la foi : comprendre le traumatisme spirituel
Dans la vie dâun croyant, il arrive un moment oĂč la foi semble sâassombrir.
La priĂšre devient lourde, le cĆur se ferme, les invocations paraissent sans Ă©cho.
Et pourtant, ce nâest pas la foi qui sâĂ©teintâŠ
Câest lâĂąme qui saigne encore de blessures non guĂ©ries.
Le traumatisme spirituel : quand le cĆur commence Ă perdre son lien vertical
Le traumatisme spirituel naßt souvent de traumatismes psychiques ou émotionnels non guéris.
Un choc, une injustice, un abandon, une trahison⊠la douleur nâa pas Ă©tĂ© reconnue ni apaisĂ©e.
Elle sâinscrit alors dans le corps, dans la mĂ©moire Ă©motionnelle, dans le systĂšme nerveux.
Progressivement, cette douleur sâinterpose entre la personne et sa foi :
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la peur de souffrir devient une peur du decret d'Allah (carence tawhidienne),
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la culpabilité remplace une perception juste de la miséricorde d'Allah,
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le doute efface la confiance,
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et la foi devient une lutte intĂ©rieure plutĂŽt quâune source de paix.
Câest ainsi quâun trauma psychologique devient un trauma spirituel.
Ce qui se passe dans le cerveau
Le cerveau du croyant blessé fonctionne en mode survie :
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lâamygdale reste hyperactive, en alerte permanente ;
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lâhippocampe, qui donne du sens et range les souvenirs, devient confus ;
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le cortex préfrontal, siÚge de la raison, de la foi consciente et du discernement, se met en veille.
RĂ©sultat : le croyant nâinterprĂšte plus les Ă©preuves comme des signes (ayat), mais comme des menaces.
La douleur émotionnelle devient spirituellement désorientante.
La foi nâefface pas les blessures, elle les rĂ©vĂšle pour quâelles soient guĂ©ries
Beaucoup pensent quâavoir la foi nous pare de la souffrance, alors que cette mĂȘme foi est sinusoĂŻdale.
En rĂ©alitĂ©, Allah ne demande pas quâon nie la douleur, Il demande quâon lui confie nos blessures.
Les traumatismes sont des invitations divines Ă revenir Ă soi pour revenir Ă Lui.
« Avec la difficulté est certes une facilité. » (Sourate 94, v.5)
Chaque difficulté porte un message, un apprentissage, une lumiÚre cachée.
Mais pour la percevoir, il faut dâabord calmer le corps, apaiser les Ă©motions, rééduquer le cĆur Ă la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure.
Ce travail est thérapeutique, mais il est surtout spirituel.
La guérison : un retour vers la sakßna
Soigner ses blessures, ce nâest pas ĂȘtre faible.
Câest rendre justice Ă cette amana (dĂ©pĂŽt sacrĂ©) que reprĂ©sente notre corps, notre cĆur et notre foi.
Câest rĂ©tablir la circulation entre le psychique, lâĂ©motionnel et le spirituel.
Lorsque lâon guĂ©rit, la sakĂźna â cette paix intĂ©rieure â revient doucement.
Le croyant retrouve la douceur de la priĂšre, la confiance dans les dĂ©crets dâAllah et le goĂ»t de vivre alignĂ© Ă sa fitra.
En conclusion
GuĂ©rir ses blessures, câest faire le premier pas vers une foi consciente, stable et apaisĂ©e.
Car un cĆur traumatisĂ© ne peut goĂ»ter pleinement Ă la lumiĂšre du dhikr, tant quâil reste prisonnier de sa douleur.Si tu ressens que ta foi a perdu sa saveur,
si ton cĆur aspire Ă la paix,
sache que tu nâes pas seul(e).Nous tâaccompagnons dans un processus de guĂ©rison intĂ©grative â
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